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Nouvelle définition de la douleur

En juillet, 2020, l’IASP a publié une proposition de nouvelle définition de la douleur afin notamment d’inclure la douleur auprès des individus non communiquant ou en situation ne permettant pas de la décrire. La traduction ne peut se faire sur le plan littéral d’une manière directe et nécessite un travail spécifique. La SFETD décide d’animer une réflexion autour de ce sujet sensible, coordonnée par le Pr Nadine ATTAL

La définition de la douleur vient récemment d’être mise à jour par l’international association for the study of pain (IASP) comme “une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à, ou ressemblant à celle associée à, une lésion tissulaire réelle ou potentielle” (Raja et al., 2020). Cette formulation alambiquée révèle la dificulté de définir la douleur qui est avant tout une expérience personnelle, influencée assez largement par des facteurs biologiques (comme le sexe ou l’âge), des facteurs psychologiques et sociaux. Chaque individu apprendra ainsi le concept de douleur à travers ses propres expériences de vie dans un environnement socio-culturel spécifique. La définition de 2020, révisée à partir de celle de 1979 (Merskey et al.,1979), ajoute le mot « ressemblant à » pour palier à une autre lacune. En effet ,l’absence de verbalisation et la difficulté à communiquer n’exclut pas qu’un être humain ou un animal non-humain éprouve de la douleur. Par cette définition, l’IASP confirme que le modèle bio-psycho-social de la douleur est incontournable et que la douleur peut donner naissance à des effets indésirables (i.e. comorbidités) sur le fonctionnement de l’individu, son bien-être social et psychologique. C’est le cas des douleurs chroniques dont l’utilité adaptative disparaît. Depuis 2019, les douleurs chroniques sont d’ailleurs classées comme une maladie à part entière par l’organisation mondiale
de la santé (WHO’s International Classification of Diseases : ICD-11 ; https://icd.who.int). Un point important, enfin, est de distinguer le terme de « nociception » et de « douleur » car l’activité des nerfs sensoriels, recrutés par une stimulation potentiellement nuisible et douloureuse pour l’organisme, ne peut à elle seule rendre compte d’une perception consciente (i.e. corticale) de la douleur. Cette notion est d’une extrême importance dans le cas de l’enfant en développement car les circuits nociceptifs qui permettront l’acheminement de l’information nociceptive jusqu’au cortex cérébral subissent une maturation pendant les deux derniers trimestres de grossesse mais également dans les premiers mois qui suivent la naissance. Cette grande plasticité rend d’ailleurs le nouveau-né prématuré extrêmement vulnérable si l’environnement est défavorable à son développement (Pierrick Poisbeau)

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