Réseau INSERM de recherche sur la douleur

La SFETD est partenaire du Réseau INSERM de recherche sur la Douleur mis en place par l’institut de la Santé et de la Recherche Médicale avec pour objectif de favoriser la recherche translationnelle en douleur en développant les interfaces entre chercheurs fondamentalistes et chercheurs cliniciens.
Le réseau INSERM de recherche sur la douleur a été fondé en 2005. Il est coordonné par le Pr Radhouane Dallel (Inserm/UdA, U1107, Neuro-Dol, Trigeminal Pain and Migraine Faculté de Chirurgie Dentaire, Clermont-Ferrand).

Il regroupe l’ensemble des équipes françaises qui se consacrent à la recherche préclinique et clinique sur la douleur. Les équipes sont issues des différents organismes de recherche français (INSERM, Centre National de la Recherche Scientifique, Institut National de la Recherche Agronomique, Centres Hospitalo-Universitaires, Universités).

Au total, 370 personnes (chercheurs, enseignant-chercheurs, cliniciens, techniciens, étudiants) sont impliquées dans ce réseau. Des sociétés savantes (SFETD, Société Française d’Etudes des Migraines et céphalées) ainsi que des associations de patients sont également partenaires du réseau.

Le réseau INSERM de recherche sur la Douleur a pour objectif de coordonner les activités des chercheurs français (fondamentalistes et cliniciens) dans le domaine de la douleur, de confronter les dernières avancées de la recherche clinique et de la recherche fondamentale, de favoriser les échanges et les collaborations entre les différentes équipes impliquées et d’améliorer la visibilité internationale de la recherche française sur la douleur.
Il organise annuellement un symposium national.
 

Symposium national 2019

 Programme final 

Symposium annuel du Réseau Français de Recherche sur le Douleur (RFRD-INSERM)

22-23 mars 2019, Institut du Cerveau et de la Moelle Epinière, Paris

Le symposium annuel du Réseau Français de Recherche sur la Douleur (RFRD-INSERM)  s’est déroulé cette année à l’institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM, Paris) sur le site hospitalier de la Pitié-Salpêtrière. Les organisateurs de ce symposium (Yves Boucher, Didier Bouhassira, Stéphane Mélik-Parsadaniantz, Nathan Moreau, Sophie Pezet, Annabelle Réaux-Le Goazigo) avaient préparé un programme de très haut niveau et associé à cet évènement nos collègues Britanniques du Wellcome Trust Pain Consortium. 

 

                                                                                                                                                                              

 

Le symposium a pu ainsi bénéficier de la présence d’Andrew Tood et Allan Basbaum, deux personnalités éminentes de notre communauté sur le plan international. Radhouane Dallel, directeur du RFRD, a débuté le symposium en rappelant l’organisation du réseau et son impact majeur sur l’organisation des recherches en douleur sur le territoire national. Etienne Hirsch, directeur pour l’INSERM des Instituts Thématiques Multi Organismes (ITMO) de l’alliance nationale pour les sciences de la vie et la santé (AVIESAN) s’est ainsi réjoui de la vitalité et de la qualité des recherches menées en France sur la douleur. Dans son mot d’accueil, il a également noté le nombre croissant de projets s’intéressant aux douleurs dans les maladies neurodégénératives.

Lors de sa conférence plénière, Nadine Attal a présenté l’état des connaissances concernant la douleur dans deux maladies neurodégénératives, la maladie de Parkinson et d’Alzheimer. Pour la maladie de Parkinson, le rôle important des ganglions de la base est bien documenté dans l’apparition d’états douloureux chroniques alors que le cortex frontal semble, pour sa part, semble jouer un rôle important de modulation de l’information nociceptive chez les patients Alzheimer. Allan Basbaum, pour sa part, s’est concentré sur l’importance de la perte d’inhibition dans l’expression des états douloureux neuropathiques. Il a tout particulièrement insisté sur le rôle essentiel de la réponse neuro-inflammatoire induite par la lésion nerveuse périphérique. Ainsi, l’activation microgliale dans la moelle épinière par le facteur CSF1, sécrété par les neurones sensoriels, semble essentielle pour rendre compte de la désinhibition spinale induisant la sensibilisation centrale. Mais, ce phénomène semble sexe-spécifique, puisqu’il n’est pas observé chez les individus de sexe féminin. Cet intervention vient encore renforcer les évidences expérimentales d’autres laboratoires de recherche à travers le monde qui suggèrent que si les phénotypes douloureux sont globalement semblables entre les deux sexes, ils semblent emprunter des voies neuro-inflammatoires différentes, privilégiant l’activation microgliale (males) ou une action médiée par les lymphocytes T (femelles).

Dans les 4 sessions suivantes, les jeunes chercheurs du RFRD et ceux du réseau Britannique ont présenté leurs travaux en cours. Les présentations ont été comme toujours de très haut niveau et, parmi les jeunes chercheurs du RFRD, plusieurs d’entres-eux ont été invités à présenter leurs travaux à l’occasion du prochain congrès annuel de la SFETD. Les trois présentations suivantes ont été récompensées par un prix d’encouragement : « Substance P & GRP are expressed by distinct populations of excitatory interneuron in the dorsal horn » (Ann Dickie, Glasgow UK – laboratoire d’Andrew Todd) ; Can we rescue the consequences of maternal separation on nociception and oxytocin analgesia? (Géraldine Gazzo, Strasbourg France – laboratoire de Pierrick Poisbeau) ; Bacteria induce the release of proalgesic lipids by epithelial cells (Camille Petitfils, Toulouse France – laboratoire du Dr Nicolas Cénac). 

Le prochain symposium annuel du RFRD aura lieu à Bordeaux à la même période de l’année.