BEST-OF universités psychologues

Organisée à l’HEGP (Paris) de 9h à 17h30, cette journée ouverte à tous reprend et approfondit les différents thèmes des Universités psychologues. L’inscription est gratuite pour les membres de la SFETD (40 euros pour les non membres)

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Vendredi 22 mars 2019


Cette journée a été l’occasion de présenter les meilleurs moments des universités des psychologues de la SFETD, le fruit de plusieurs années d'une réflexion et d’une élaboration théorico-clinique sur la psychologie et tout particulièrement de la psychopathologie de la douleur.

 


Avec des concepts différents, des approches différentes, les psychologues de cette journée ont richement alimenté notre réflexion quelque soit notre profession ou notre obédience. Dans tous les exposés, il a été question de la clinique du patient douloureux chronique, de l’élaboration de ce qui ne peut être soulagé et difficilement accepté. Les recherches, les médias, les outils évoqués ont toujours été recentrés autour de la spécificité de la pratique psychologique : l’entretien clinique et l’accompagnement psychothérapeutique.
Séverine Conradi rapporta l’intérêt de l’évaluation psychologique dans la compréhension de la chronicisation et de l’épuisement des défenses contre la douleur mais également dans la mise en mots de la souffrance.
Le dessin du corps du patient présenté par Véronique Barfety-Servignat permet, dans un cadre sécurisant, au patient d’exprimer le vécu de sa douleur, de son corps et de verbaliser l’effet de la chronicité pour enfin accéder à la plainte. Il a été aussi question de médiation dans l’intervention de Marion Jourdan qui nous a présenté l’adaptation du photolangage auprès d’un public de patients souffrant à la fois de troubles psychiques et de douleur chronique. A la médiation offerte par les photos s’ajoute l’intérêt du groupe, l’espace contenant d’une série de séances permettant notamment une plus grande liberté d’expression y compris pour le personnel soignant. Raphaël Minjard a exposé ou posé le corps dans cet entredeux de l’entretien clinique, entre le patient et le thérapeute, dans la quête de sens. Comment alors appréhender la singularité émotionnelle, la surcharge émotionnelle, la résonnance émotionnelle et le silence émotionnel du patient et du thérapeute? Lionet Bertrand explora lui la question du soulagement, plus particulièrement de la demande de soulagement. Quelle est-elle pour le patient, quelles représentations en a-t-il ? Comment amener à entrevoir le non-soulagement pour le patient mais également pour le personnel soignant. Puis en lien avec un contexte où la médecine allopathique perd de son omniscience, Antoine Bioy nous exposa pourquoi toujours l’hypnose revient au devant de la scène de la clinique de la douleur, au delà des bienfaits qu’elle procure. Qu’est ce qui rend cette « possession acceptable » pour le patient et acceptée pour les praticiens ou comment rendre le patient acteur ?
Anne Masselin-Dubois a conjugué un dispositif humaniste, l’Evaluation Thérapeutique avec un test projectif, le Rorschach autour d’un cas clinique. Elle nous a montré à quel point cette combinaison pouvait être la pièce maîtresse d’une intervention psychothérapeutique notamment en facilitant la projection et la mise en mot. 

Et qu’en est-il de la clinique de la douleur lorsque les troubles psychotiques sont présents et perturbent la relation. Elisabeth Valeo nous a montré à quel point ces patients nous amènent à modifier notre communication et par conséquent notre intervention et à nous interroger pour élaborer une clinique adaptée.

Enfin la journée s'est terminée par une controverse animée par Anne Bera et Antoine Bioy sur les liens sur science et psychologie, nous permettant de fait d'explorer les rapports entre psyché et soma. Qu’avons-nous à apprendre ou à perdre à déconnecter ces deux entités ? Et quelle compréhension de cette interconnexion ? Le propre de la psychologie clinique de la douleur n’est–il pas d’explorer cette unité originellement constituée ?
Catherine Delandre-Moureaux – Etudiante de M2 de psychologie clinique Nancy. Stagiaire à Consultation Douleur Chronique CHRU Nancy